« Les citations dans mon travail sont comme des voleurs de grands chemins qui surgissent en armes et dépouillent le promeneur de ses convictions » (Walter Benjamin)

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L’argent

L’argent : quelques livres consultés

Paul Soriano, mercredi 16 juillet 2008

Économie générale


Économie de la mondialisation

Jean-Pierre Allegret, Pascal Le Merrer , Economie de la mondialisation : Opportunités et fractures, De Boeck, 2007.

La mondialisation est l’objet d’un débat intense. Elle cristallise en effet les oppositions entre partisans inconditionnels du libre marché et une partie importante de la société civile qui redoute ses effets dévastateurs. L’espace médiatique est lui-même envahi par la dénonciation des délocalisations ou de la spéculation financière. Dans ce contexte, une question importante est de préciser dans quelle mesure les effets positifs ou négatifs de la mondialisation sont fondés sur des faits objectifs.
Cet ouvrage apporte des éléments de réponses à cette question en recourant aux analyses économiques de la mondialisation. Il présente ainsi les développements de la théorie économique les plus récents, afin de donner des clés de compréhension de ce phénomène majeur. Il mobilise aussi de nombreuses données empiriques permettant d’avoir un état des lieux de l’ampleur de la mondialisation et de ses effets et rend également compte, d’un point de vue économique, des principaux débats engendrés par la mondialisation : évolution des inégalités, gouvernance mondiale et conséquences de la concurrence des pays émergents pour les pays industrialisés.


Rifkin : L’âge de l’accès

Rifkin Jeremy, L’Âge de l’accès. La révolution de la nouvelle économie, La Découverte. 2000.

Sous-titré en anglais : « The New Culture of Hypercapitalism Where All of Life Is a Paid-For Experience » (La nouvelle culture de l’hypercapitalisme où l’existence est réduite à des expériences tarifées).

Longtemps, le capitalisme s’est identifié à la propriété : le marché est d’abord ce lieu où nous échangeons les biens que nous possédons et ceux que nous désirons acquérir. Aujourd’hui, l’explosion des technologies de l’information et de la communication est à l’origine d’une mutation sans précédent : les marchés laissent la place aux réseaux, les biens aux services, les vendeurs aux prestataires et les acheteurs aux utilisateurs. (…) Jeremy Rifkin montre que les nouveaux géants de l’économie mondiale ne cherchent plus seulement à nous vendre des produits, mais à nous faire adhérer à l’imaginaire de leurs marques, à nous regrouper en clubs et à nous faire partager des émotions communes. Et Internet ne fait qu’accélérer la dématérialisation de l’économie, obligeant chacun à être " connecté " s’il veut accéder aux loisirs, à la culture et au savoir. Nos existences sont déjà aux mains des professionnels du marketing qui traquent nos habitudes et nos modes de vie. Dans un monde où chacun devra acquitter un droit d’accès à sa propre vie, quelle place restera-t-il aux relations humaines et à la culture ?

Dans cette perspective, l’argent n’est pas seulement dématérialisé, il disparaît.


Pierre Simonnot est un excellent vulgarisateur.

Ancien chroniqueur économique du Monde, passé au Figaro (Littéraire ?) plus conforme à ses préférence libérales (quoi que…). A noter qu’il a ouvert un
Observatoire des religions .

39 Leçons d’économie contemporaine, « Folio » - pour s’initier ou réviser, excellent.

Vingt et un siècles d’économie, Belles Lettres, 2002.

Un peu plus trapu : L’Invention de l’État. Economie du droit 1. Belles-Lettres, 2002. Les Personnes et les Choses. Économie du droit 2. Belles Lettres, 2005.


Von Mises : l’action humaine

L’économiste libéral Ludwig Von Mises (1881-1973) est un membre éminent de l’École autrichienne d’économie. Il fut le professeur de Friedrich Hayek (1899-1992) figure majeure du libéralisme contemporain et de Murray Rothbard (1926-1995), théoricien de l’anarcho-capitalisme. Il est l’auteur d’un traité intitulé L’Action humaine, 1949. La traduction française aux PUF (1985) porte sur la 3e édition de l’ouvrage (Human Action : A Treatise on Economics) publié en anglais par l’Université de Yale. Elle est accessible sur Internet. Ce traité se veut fondateur d’une discipline appelée « praxéologie » ou science de l’action humaine et de la coopération sociale en général. En fait de coopération sociale, la praxéologie selon von Mises « s’occupe des actions d’hommes en tant qu’individus… C’est seulement dans le cours ultérieur de ses investigations que la connaissance de la coopération humaine est atteinte, et que l’action en société est traitée comme un genre spécial de la catégorie plus universelle de l’agir humain comme tel. » La praxéologie est une science des moyens mis en œuvre pour atteindre une fin quelconque : les fins se trouvent donc exclues de la praxéologie, ainsi que les valeurs qui les motivent (elle est Wertfrei, axiologiquement neutre). Elle élimine à vrai dire aussi les contenus de l’action : « son mode de cognition est purement formel et général, sans référence au contenu matériel ni aux aspects particuliers du cas qui se présente ». En tant que science exacte, elle est indifférente au lieu et au temps.
Mais cette théorie de l’action est en fait une « théorie générale de la préférence et du choix » car « l’acte de choisir détermine toutes les décisions de l’homme ». Si bien que « l’économie [est] jusqu’à maintenant la seule partie élaborée de la praxéologie ». L’économie ou plus précisément encore la catallactique (ou catallaxie), étude des échanges dont l’objet porte sur les « phénomènes de marché » et qui analyse « ces actions qui sont conduites sur la base des calculs en monnaie ». En effet, l’action est « un essai de substituer un état plus satisfaisant des choses, à un état qui l’est moins » et on appellera échange « une telle altération volontairement provoquée ». Ce qui est abandonné dans l’échange « est appelé le prix payé pour obtenir le résultat cherché. » Précisons enfin que ce raisonnement praxéologique « est à l’épreuve de toute critique et de toute objection ».
On comprend bien que la prétendue « neutralité axiologique » revient à subordonner toutes les valeurs à la valeur d’échange (la science de l’action « surplombe » toutes les formes d’action) et conduit à… valoriser à l’extrême l’échange marchand (la « catallactique ») par rapport à toutes les autres types de relations et valeurs qu’elles expriment.

L’argent, la monnaie


Simmel : l’argent, un bien sans qualités

Simmel, Georg, Philosophie de l’argent (1903), PUF "Quadrige".


Michel Aglietta et André Orléan
La Monnaie entre violence et confiance,
Odile Jacob, 2002.

Michel Aglietta est professeur à l’université Paris-X et membre de l’Institut universitaire de France. / André Orléan est directeur de recherche au CNRS et membre du CEPREMAP.

Pourquoi l’euro a-t-il suscité l’engouement des Français ? Pourquoi la parité du peso et du dollar a-t-elle déchaîné la violence des Argentins ? À ces questions, l’économie traditionnelle est en mal de réponses. Peut-être parce que la monnaie n’est pas uniquement un phénomène économique...

Michel Aglietta et André Orléan montrent comment elle constitue la clé de voûte des sociétés humaines, comment elle les fait passer tour à tour de la violence mimétique à la confiance institutionnelle ; et comment son histoire depuis les temps les plus reculés est celle de la dissolution et de la constitution du lien social.

Bref, qu’est-ce que la monnaie ? Pour Michel Aglietta et André Orléan, ce n’est pas un phénomène économique ; c’est beaucoup plus que cela, c’est, selon l’expression de Marcel Mauss, un fait social total.
(4e de couverture).

Galbraith : l’Argent

John Kenneth Galbraith, L’Argent, trad. Daniel Blanchard, Gallimard, « Idées », 1976. Money, Whence it Came, Where it Went, 1975.


Marx et les marxiens, sur l’argent et la monnaie

Les dernières pages des Manuscrits de 1844 (dans l’édition Flammarion « GF »).
Les Grundrisse. La Contribution à la critique de l’économie politique, 1859, chapitre II. et le Capital, Livre I, Section I, ch.III.
« La putain commune à toute l’humanité »


Hess, Moses, L’Essence de l’argent, 1845 (article diffusé).


Goux, Jean-Joseph

Jean-Joseph Goux, Frivolité de la valeur. Essai sur l’imaginaire du capitalisme, Blusson, 2000.
Échos et correspondances entre théories économiques (Proudhon, Walras, Pareto, Charles Gide...), imagination littéraire (Vallès, Zola, Péguy, Valéry, André Gide, Valéry Larbaud, Roussel, Bataille...) et discours philosophique (Condillac, Sartre, Derrida, Baudrillard...).

Les monnayeurs du langage, Galilée, 1984.
Homologie structurale entre monnaie et langage "qui se dit à l’intérieur de la fiction littéraire par un jeu cohérent de métaphores" et permet de repérer une coupure historique. Références : Gide, Zola, Hugo, Mallarmé, Valéry, Musil, Saussure.

Les Iconoclastes. Seuil, 1978.
L’antique rapport négatif à l’icône, amplifié par le rationalisme, prend un sens nouveau dans une culture scientifico-technique qui réduit le symbole par ses métabolismes immanents à l’opération insensée, combinatoire, désaffectée… Le versant anxiogène du mode de signifier présent, marqué par la rationalité instrumentale, qu’on peut appréhender à travers des fictions d’écriture et de peinture (l’abstrait) comme dans l’économie des signes de valeur d’échange (la dématérialisation de la monnaie). (p.8).

Marx, Freud. Économie et Symbolique, Seuil, 1973.


Jean-Michel Le Lannou, La Puissance sans fin. Essai sur la dissolution du monde, Hermann, 2006.

Un… puissant essai philosophique, de lecture difficile. Le chapitre 2 (« Les formes de l’excès ») porte sur l’argent, la technique, la volonté, le désir, quatre modalités du « sans bornes ». La cinquième, le langage (la représentation, l’imagination), qui est sans doute la première, est renvoyée à un ouvrage ultérieur (« Qu’est l’infinitisation ? L’activité qui, dans la parole, dépossède de l’adhésion originaire au monde »). Les références au Capital, agent de destruction des limites et des formes, sont récurrentes dans le reste l’ouvrage… Un fiche de lecture en français courant est requise…

Riches et pauvres


Pierre-Noël Giraud, L’inégalité du monde. Économie du monde contemporain, Folio (Gallimard, 1996).

Sur le nouveau régime de croissance de la mondialisation, de l’inégalité territoriale à l’inégalité sociale.

L’inégalité ou : pourquoi y a-t-il des riches et des pauvres ? A cette question essentielle de l’économie, Pierre-Noël Giraud apporte une réponse originale : plutôt que de mettre en rapport inégalité sociale et croissance dans chaque pays, il préfère embrasser, sur deux siècles, les inégalités internes et externes, sociales et spatiales, des capitalismes, restituant, par là même, la dynamique de l’économie du monde contemporain.

Emergence des inégalités entre pays, réduction des inégalités sociales internes en fin de période, tel aura été - du XVIIIe siècle aux années soixante-dix de ce siècle - le double mouvement d’ensemble de l’inégalité du monde.

Or, depuis vingt-cinq ans, ce mouvement s’inverse. Un rattrapage des pays riches extrêmement rapide a été entamé, non seulement par les « nouveaux pays industrialisés » (Corée du Sud, Taiwan, Singapour), mais aussi - fait majeur de cette fin de siècle - par les vastes « pays à bas salaire et capacité technologique » : la Chine, l’Inde, l’ex-Union soviétique. Cependant, cette réduction des écarts entre pays s’accompagne, au sein des pays riches, d’une croissance des inégalités polarisant la société en une minorité de « compétitifs » et un large groupe de « protégés » qui deviennent les clients des premiers.

Nous sommes désormais entrés dans une nouvelle ère de l’inégalité du monde.
(4ème de couverture de l’édition de poche).


Philippe Villemus, Qui est riche ? La vérité sur les riches, les pauvres et les autres..., Eyrolles, 2007.

Quel salaire minimum doit-on toucher pour être riche ? Quel patrimoine faut-il posséder ? Quel est aujourd’hui le poids de l’immobilier dans la richesse ? La pauvreté diminue-t-elle en France ? Les inégalités se creusent-elles ? Autant de questions abordées avec rigueur et clarté dans cet ouvrage indispensable pour savoir quels sont les revenus, les niveaux de vie et le patrimoine des Français et comprendre la notion de " seuil de richesse ". En fait, il en faut " peu " pour être riche ! Philippe Villemus aborde sans tabou ce sujet majeur de la richesse (et de la pauvreté) en France.

Docteur de l’Université, Philippe Villemus a été entre autres, Président d’Helena Rubinstein et Directeur marketing de la Coupe du monde de football 1998. Il est aujourd’hui professeur au Groupe Sup de Co Montpellier, chroniqueur économique à Midi Libre, conférencier et auteur de nombreux ouvrages dont De krach en crise et Délocalisations : aurons-nous encore des emplois demain ?


Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot. Les Ghettos du gotha, Seuil, 2007.

Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, anciens directeurs de recherche au CNRS, ont publié Dans les beaux quartiers (1989), ouvrage sociologique qui est devenu une véritable référence.

Les riches défendent leur pré carré grâce à un réseau dense d’associations, de comités, de conseils, de cercles. Des rivages bretons aux châteaux de l’Oise, des beaux quartiers parisiens aux parcs et jardins de Normandie, les élites fortunées se mobilisent pour leurs espaces.
Les auteurs ont mené l’enquête auprès de militants peu ordinaires. Ils ont assisté aux dîners et aux cocktails où, à Neuilly et dans le 16e arrondissement, la haute société se retrouve et se concerte pour préserver la qualité de ses lieux de vie et veiller sur un entre-soi qui lui est vital. La grande bourgeoisie se protège des autres, quitte à former des ghettos.


Georg Simmel, Les Pauvres, PUF "Quadrige".


Jacques Deroo, Salauds de pauvres ! éd. Gutenberg, 2006.

Entre un père alcoolique vivant de petits larcins et une mère immature qui boucle ses fins de mois avec quelques passes, la vie de Jacques Deroo était toute tracée. L’Assistance publique et son cortège de familles d’accueil plus ou moins bien intentionnées, les chapardages et les centres de correction feront le reste. Comment trouver sa place dans un monde qui vous a ainsi marqué au fer ? Les deux CAP qu’obtient le jeune apprenti - serrurerie et soudure - n’y suffiront pas. Alors, c’est la délinquance, la prison, la rue et leur-compagnon : l’alcool. Jacques Deroo est devenu SDF. Grâce à quelques rencontres, grâce à l’Armée du Salut, il reprend pied. Dans les centres d’hébergement, il attrape le " virus du social ", se transforme en homme de terrain, fait la connaissance de Patricia. Il commence une nouvelle vie, guère moins effroyable que la précédente, mais, cette fois-ci, il a un but : s’en sortir ; et s’en sortir avec et pour les autres. C’est ce parcours que Jacques Deroo nous raconte. Récit d’une résurrection, Salauds de pauvres ! est, en même temps, un témoignage sur l’exclusion, la violence urbaine, et un réquisitoire qui ne dissimule pas que l’humanitaire est également un business gangrené autant par les querelles de pouvoir que par l’injustice.

Aujourd’hui éducateur et travailleur social, au cœur de l’action sur les problèmes de logement et la lutte contre la misère, Jacques Deroo partage son existence entre ses deux familles, celle du cœur -sa femme et ses trois filles-et ces salauds de pauvres (l’expression appartient à Marcel Aymé dans La Traversée de Paris) pour lesquels il se bat.

Finance, capitalisme


Artus & Virard : le capitalisme est-il en train de s’autodétruire ?

Patrick Artus est directeur des études économiques de la Caisse des dépôts et consignations, professeur à l’Ecole polytechnique et professeur associé à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne. Marie-Paule Virard est rédactrice en chef du magazine Enjeux-Les Echos.

Le capitalisme est-il en train de s’autodétruire ? La question peut sembler saugrenue, voire provocatrice, au moment même où les grandes entreprises de la planète, y compris en France, affichent des profits insolents, rémunèrent très confortablement leurs dirigeants et distribuent des dividendes records à leurs actionnaires... Alors que la croissance économique - en Europe en tout cas - stagne, que les délocalisations se multiplient et que chômage et précarité s’aggravent, on comprend que le débat devienne vif sur la légitimité d’une telle captation de richesses. Dans ce livre décapant et remarquable de clarté, les auteurs n’y vont pas par quatre chemins pour qualifier ce paradoxe : c’est au moment où le capitalisme n’a jamais été aussi prospère qu’il apparaît le plus vulnérable, et nous avec lui. Parce qu’il s’agit d’un capitalisme sans projet, qui ne fait rien d’utile de ses milliards, qui n’investit pas, qui ne prépare pas l’avenir. Et, face au malaise social, les gouvernements ne traitent le plus souvent que les symptômes, faute de prendre en compte le fond du problème. Ce problème, c’est l’absurdité du comportement des grands investisseurs, qui exigent des entreprises des résultats exorbitants. Voilà pourquoi il est important, expliquent les auteurs, de réformer profondément la gestion de l’épargne, d’imposer de nouvelles règles de gouvernance aux gérants comme aux régulateurs. Faute de quoi on n’évitera pas une nouvelle crise du capitalisme, avec toutes ses conséquences politiques et sociales. (4e de couverture).


Boltanski & Chiapello : le nouvel esprit du capitalisme

Boltanski & Chiapello, Le Nouvel esprit du capitalisme, Gallimard, 1999.


De Soto : le mystère du capital

Hernando De Soto, Le Mystère du capital. Pourquoi le capitalisme triomphe en Occident et échoue partout ailleurs ? (2000), Flammarion, 2005. Ed. de poche « Champs », 2007.

Sur la transformation des biens en capital économique grâce à l’institution des droits de propriété en Occident).

Hernando de Soto est économiste. Il est le fondateur de l’Institut Liberté et Démocratie (ILD) de Lima, dont la mission est de promouvoir les réformes institutionnelles permettant aux pays émergents d’entrer dans l’économie moderne. Il a été le conseiller de plusieurs dirigeants des pays latins.

Les pauvres du tiers monde sont plus riches qu’on ne le croit. Mais, explique Hernando de Soto, les biens qu’ils possèdent constituent un "capital mort ", et ce à cause de l’inadaptation du système juridique de la propriété. Au Pérou, par exemple, pour obtenir les documents rendant légale une fabrique textile équipée de deux machines à coudre, il faut effectuer dans les services administratifs un périple de 300 jours, à raison de 6 heures par jour... Le résultat n’est pas surprenant : les populations gonflent peu à peu les rangs du secteur " extralégal " - qui regroupe entre 50 et 75 % de la main-d’œuvre des pays émergents. Il faut donc mettre au point des processus de légalisation massive, en s’appuyant sur les règles consensuelles des clandestins eux-mêmes, pour savoir qui peut légitimement se dire propriétaire de quoi. Ce qui revient aussi à imiter ce qu’ont fait les pays occidentaux au cours des siècles passés, notamment les Etats-Unis qui, en régularisant la situation de millions de pionniers, ont su se transformer en une économie moderne. La pauvreté n’est pas une fatalité. Pour changer le monde, il faut commencer par changer notre regard sur lui. Clair et bien étayé, Le Mystère du capital nous invite à cette conversion nécessaire.


Giraud : le commerce des promesses

Pierre-Noël Giraud, Le Commerce des promesses.
Petit traité sur la finance moderne
, Seuil, 2001.

La finance a envahi l’actualité. Sa complexité, l’énormité des sommes en jeu, la rapidité des fortunes et des ruines, la valse des Bourses et des monnaies, l’émergence de puissances hors contrôle des Etats, tout cela fascine ou inquiète. Ce qui, pour les uns, est victoire de la liberté et de l’efficacité n’est, pour les autres, que fatal dérèglement des capitalismes. Le premier objectif de l’auteur est ici d’écarter les peurs nées de l’ignorance et de faire naître d’une froide rigueur les questions pertinentes. Pourquoi et au profit de qui les capitaux circulent-ils ? Qu’est-ce qu’une bulle spéculative, comment naît une crise financière et qui en paye finalement le prix ? Pourquoi des inégalités croissantes accompagnent-elles la globalisation ? Les entreprises sont-elles désormais soumises aux exigences des fonds de pension ? Les Etats ont-ils perdu tout pouvoir économique au profit des marchés ? Autant de questions auxquelles l’auteur répond par des analyses d’une rare clarté. Il le fait en déployant toutes les conséquences d’un constat simple mais occulté : ce dont la finance fait commerce n’est jamais que des "promesses", des droits sur la richesse future que rien ne peut garantir, car l’avenir est irréductiblement incertain. Au fil de cette enquête au coeur de la finance globale se dégage un message sans concession mais non sans espoir. La globalisation tend certes à engendrer ici ou là une croissance plus vigoureuse, mais aussi un monde plus brutal, imprévisible et inégalitaire, où les "compétitifs" sont tentés de se désolidariser des autres. Une croissance moins inégalitaire reste cependant possible ; elle ne dépend que du retour de la volonté politique, sous des formes, il est vrai, profondément renouvelées. (4e de couverture).


Laval : l’homme économique

Christian Laval, L’Homme économique. Essai sur les racines du néolibéralisme, Gallimard, NRF Essais, 2007.

Christian Laval est chercheur en histoire de la philosophie et de la sociologie à l’université Paris X Nanterre.

Le néolibéralisme entend triompher partout dans le monde comme la norme unique d’existence des êtres et des biens. Il n’est pourtant que la pointe émergée d’une conception anthropologique globale qu’au fil des siècles l’Occident a élaborée. Celle-ci pose que l’univers social est régi par la préférence que chacun s’accorde à lui-même, par l’intérêt qui l’anime à entretenir les relations avec autrui, voire l’utilité qu’il représente pour tous. La définition de l’homme comme "machine à calculer" s’étend bien au-delà de la sphère étroite de l’économie, elle fonde une conception complète, cohérente, de l’homme intéressé, ambitionnant même un temps de régir jusqu’aux formes correctes de la pensée, à l’expression juste du langage, à l’épanouissement droit des corps. Cette anthropologie utilitariste, fondement spécifique de la morale et de la politique en Occident, fait retour avec le néolibéralisme contemporain sous des formes nouvelles. En retraçant, dans un vaste tableau d’histoire et de philosophie, les racines du néolibéralisme, Christian Laval donne à voir la forme, le contenu, la nature de la normativité occidentale moderne telle qu’elle s’affirme aujourd’hui dans sa prétention à être la seule vérité sociale, à se poser en seule réalité possible.


Lévy-Lang : l’argent, la finance et le risque

André Lévy-Lang, L’Argent, la finance et le risque, Odile Jacob, 2006.

De quoi la finance traite-elle ? Comment fonctionnent ses acteurs ? Quels sont ses apports, ses limites, ses risques ? Comment la contrôler ? Exemples concrets à l’appui et sans jargon, André Lévy-Lang dévoile les arcanes de cet univers. Grâce à lui, on comprendra mieux le fonctionnement des banques, des assurances et des marchés financiers, le financement des entreprises, les changes, les produits dérivés, etc. Un ouvrage indispensable, par un grand professionnel, dans le débat sur les excès et les dérives du " monde de l’argent ". (4e de couverture).


Norel : l’invention du marché

Philippe Norel (et collab.), L’Invention du marché. Une histoire économique de la mondialisation, Seuil, 2004.

Rédigée avec quatre collaborateurs, cette histoire économique de la mondialisation est une somme érudite démarrant dès l’antiquité, retraçant la première globalisation (1600-1914) et analysant finement la seconde avec la transnationalisation des firmes et la mondialisation financière des dernières décennies. Sa conclusion est que la libéralisation n’est pas irréversible tant il est vrai " qu’étant une invention politique, le marché restera sous influence politique".

("Le point de vue de Lignes d’Attac" n° 34 février-mars 2004.

http://local.attac.org/rhone/article.php3?id_article=334)


Peyrelevade : le capitalisme total

Jean Peyrelevade, Le Capitalisme total, Seuil et République des idées, 2005.

Jean Peyrelevade a été directeur-adjoint du cabinet de Pierre Mauroy (1981-1983). Il a ensuite présidé certaines des plus grandes institutions financières de notre pays (Suez, UAP, Crédit Lyonnais). Longtemps professeur d’économie à l’Ecole polytechnique, il a écrit plusieurs ouvrages sur l’évolution du capitalisme contemporain.

Le capitalisme moderne est organisé comme une gigantesque société anonyme. A la base, trois cents millions d’actionnaires contrôlent la quasi-totalité de la capitalisation boursière mondiale. Souvent d’âge mûr, de formation supérieure, avec un niveau de revenus relativement élevé, ils confient la moitié de leurs avoirs financiers à quelques dizaines de milliers de gestionnaires pour compte de tiers dont le seul but est d’enrichir leurs mandants. Les techniques pour y parvenir s’appuient sur les règles du " gouvernement d’entreprise " et conduisent à des exigences de rentabilité excessives. Elles transforment les chefs d’entreprise en serviteurs zélés, voire en esclaves dorés des actionnaires, et polluent de pure cupidité la légitime volonté d’entreprendre. Ainsi le capitalisme n’est pas seulement le modèle unique d’organisation de la vie économique mondiale : il est devenu " total " au sens où il règne sans partage ni contre-pouvoir sur le monde et ses richesses. (4e de couverture).

Risques, crises, régulation


Aglietta & Berrebi : désordres dans le capitalisme mondial

Aglietta Michel & Berrebi, Laurent, Désordres dans le capitalisme mondial, Odile Jacob, 2007.


Aglietta & Rebérioux : dérives du capitalisme financier

Michel Aglietta et Antoine Rebérioux,
Dérives du capitalisme financier,
Albin Michel, 2004.

Les scandales entourant la gestion de grandes sociétés cotées depuis l’année 2000 ne sont pas les accidents de parcours d’un capitalisme dominé par la finance de marché. Ils sont au contraire la manifestation la plus évidente des contradictions qui sont au cœur d’un régime de croissance financiarisé. Fondement du capitalisme financier, le postulat selon lequel l’entreprise doit être dirigée dans le seul intérêt de ses actionnaires est précisément son talon d’Achille. La liquidité des marchés financiers et le développement de l’épargne contractuelle gérée dans un souci de performance purement financière rendent illusoire le contrôle des entreprises par les actionnaires. L’instabilité chronique de la finance aggrave les carences de ce contrôle. Elle ouvre des opportunités à l’enrichissement personnel des dirigeants, les détournant de leur responsabilité à l’égard du collectif de l’entreprise.
L’entreprise doit être dirigée comme une institution, ou s’élabore une finalité commune à l’ensemble de ses parties prenantes et non comme un objet de droits de propriété. Cette avancée démocratique devrait également se traduire dans la gestion de l’épargne collective, de manière à réduire l’instabilité macro-financière. C’est à cette double condition qu’il est possible de remettre le capitalisme contemporain dans la voie du progrès social.

(4e de couverture).


Kindleberger : histoire mondiale de la spéculation

Kindleberger, Charles P. Histoire mondiale de la spéculation financière, 4e éd., Valor Éditions, 2004.


Lenglet : la crise des années 30 est devant nous

François Lenglet, La crise des années 1930 est devant nous, Perrin, 2007.

François Lenglet est directeur de la rédaction d’Enjeux-Les Echos.

Le schéma des années trente est devant nous. Élections présidentielles sur fond de crise de la démocratie, remise en cause des élites, montée de l’individualisme, capitalisme débridé, croissance médiocre et chômage... Dans la France de 2007, tous les mécanismes de la vie en société semblent se détériorer en même temps, les valeurs s’érodent. Exactement comme dans la France des années trente.
Nos années 2000 sont une époque de doute collectif où l’on peine à assimiler les nouveautés - mondialisation accélérée, technologies de l’information, nouveaux modèles familiaux - comme si l’excès de liberté nous était devenu insupportable. Et comme dans les années trente, nous sommes à la veille d’un gigantesque retournement idéologique, à la fois réactionnaire et antilibéral. Travail, famille, patrie : voilà le programme qu’on voit déjà poindre.
Il y a soixante-dix ans, le repli sur la nation et l’éclipse de la démocratie avaient déclenché un enchaînement fatal jusqu’à la dépression et finalement la guerre mondiale. Et en 2007 ?

(4e de couverture)


Morin : le nouveau mur de l’argent

François Morin, Le nouveau mur de l’argent. Essai sur la finance globalisée, Seuil, 2006.

François Morin, professeur de sciences économiques à l’université de Toulouse I, a été membre du Conseil général de la Banque de France et du Conseil d’analyse économique. Il a notamment publié La Structure financière du capitalisme français (Calmann-Lévy, 1974), Le Capitalisme en France (Cerf, 1976), Le Cœur financier européen (en collaboration, Economica, 1993), Le Modèle français de détention et de gestion du capital : analyse prospective et comparaisons internationales, (Editions de Bercy, 1998).

L’histoire monétaire et financière que la France a connue dans l’entre-deux-guerres est en train de se répéter, mais, cette fois-ci, à l’échelle mondiale : l’action des grandes banques internationales dresse un nouveau "mur de l’argent" auquel se heurte la volonté des politiques. Cet ouvrage analyse l’architecture, la construction et les dangers de ce mur. Il propose tout d’abord une évaluation précise de l’emprise de la finance globale sur l’économie réelle. Des tableaux inédits, exprimés dans une nouvelle unité de mesure (le téradollar, soit mille milliards de dollars), offrent une vision cohérente des flux financiers (capitaux) et des flux réels (biens et services) qui traversent l’économie mondiale. Il met ensuite au jour le rôle singulier que jouent les plus grandes banques mondiales. Depuis les années 1990, quelques dizaines de banques ont conquis le vrai pouvoir de régulation monétaire : ce sont elles désormais qui dictent effectivement l’évolution des taux d’intérêt, et non plus les Banques centrales. La revendication démocratique contestant l’indépendance des Banques centrales à l’égard du politique est donc déjà dépassée. Le pouvoir est ailleurs. Et cela est d’autant plus inquiétant que ce pouvoir semble incapable de nous éviter des catastrophes financières. Un des meilleurs spécialistes français ouvre ici une piste de réflexion pour une autre régulation de la finance globale. (4e de couverture).

Ruses et résistances


Jean-Louis Laville et Antonio David Cattani, Dictionnaire de l’autre économie, Folio (Desclée de Brouwer, 2006).

Jean-Louis Laville est sociologue, professeur au CNAM et co-directeur du Laboratoire interdisciplinaire pour la sociologie économique (CNRS-CNAM) à Paris.

Le libéralisme passe pour le seul modèle possible. Son succès a longtemps laissé dans l’ombre une partie importante de l’économie réelle. Cette prétention est aujourd’hui contestée, en particulier par le mouvement de l’altermondialisation. Mais, loin de se réduire à la seule critique, ce dernier élabore des propositions concrètes afin de promouvoir plus de solidarité et de démocratie. Visant à favoriser cette réflexion sur l’autre économie, cet ouvrage propose la première synthèse fiable et accessible des connaissances disponibles. Interdisciplinaire autant qu’international, il offre une définition approfondie d’une soixantaine de thèmes clés : commerce équitable, développement durable, organisations internationales, secteur public, droits des femmes... Ces notions s’inscrivent dans l’histoire comme dans l’actualité la plus récente. Outil indispensable pour les acteurs, les chercheurs et les étudiants, cet ouvrage allie une approche théorique à la prise en compte de pratiques sociales jusqu’ici méconnues. (4e de couverture de l’édition de poche, chez Folio).


Gréau : l’avenir du capitalisme

Jean-Luc Gréau, L’avenir du capitalisme, Gallimard, « Le débat », 2005.

Est-il possible de réguler les marchés du monde ? Ou sommes-nous voués à suivre, désarmés, les embardées d’un système chaotique et frénétique ? Jean-Luc Gréau indique pourquoi il est devenu nécessaire de rationaliser le capitalisme, au moment où celui-ci montre sa fragilité et ses incohérences. Le chemin vers l’intégration mondiale est balisé par les faillites récurrentes de nombreuses économies et des scandales d’entreprises d’une gravité sans précédent. La bourse contemporaine, cœur idéologique du système, fonctionne à rebours de son principe fondateur : les fonds d’épargne collective, qui devraient financer les entreprises ; les soumettent en fait à un régime de prédation. Pour mettre fin à ces anomalies, Jean-Luc Gréau propose des remaniements d’envergure : création de grands marchés communs régionaux, protégés de l’extérieur, sur le modèle du Marché commun européen d’origine ; régulation et garantie de la dette des pays emprunteurs par un Fonds monétaire international rénové : association contractuelle des entreprises et de leurs actionnaires en vue de leur coopération effective et dépérissement simultané des bourses qui ont perdu leur raison d’être.
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Shiller : The New Financial Order

Dans The New Financial Order : Risk In The 21st Century, Princeton University Press, 2004, Robert Shiller traite du risque dans la perspective d’une globalisation tellement « intensive » qu’elle s’empare de la totalité de l’existence. Pour ce qui est des individus, on étendrait la « gestion du risque » aux actifs généralisés que sont, outre le logement, les revenus attachés à une profession, sans oublier le patrimoine génétique qui, après tout, est bien notre actif le plus intime. Toutes ces informations sensibles seraient enregistrées et tenues à jour dans des bases de données personnelles (« comprehensive risk information database ») dûment protégées contre les intrusions. Les nations protégeraient leur PIB, face au risque de déclin industriel, par exemple. De même pour les revenus des ménages, contre les risques pesant sur les retraites. La notion d’assurance-vie prend ainsi tout son sens : au-delà même de la « fin de l’histoire », l’abolition du temps, par la réduction drastique de l’incertitude ? Conscient du caractère potentiellement totalitaire de l’entreprise, Shiller recommande une préparation psychologique (« psychological framing ») pour la faire accepter.*


In his best-selling Irrational Exuberance, Robert Shiller cautioned that society’s obsession with the stock market was fueling the volatility that has since made a roller coaster of the financial system. Less noted was Shiller’s admonition that our infatuation with the stock market distracts us from more durable economic prospects. These lie in the hidden potential of real assets, such as income from our livelihoods and homes. But these ’’ordinary riches,’’ so fundamental to our well-being, are increasingly exposed to the pervasive risks of a rapidly changing global economy. This compelling and important new book presents a fresh vision for hedging risk and securing our economic future.

Shiller describes six fundamental ideas for using modern information technology and advanced financial theory to temper basic risks that have been ignored by risk management institutions—risks to the value of our jobs and our homes, to the vitality of our communities, and to the very stability of national economies. Informed by a comprehensive risk information database, this new financial order would include global markets for trading risks and exploiting myriad new financial opportunities, from inequality insurance to intergenerational social security. Just as developments in insuring risks to life, health, and catastrophe have given us a quality of life unimaginable a century ago, so Shiller’s plan for securing crucial assets promises to substantially enrich our condition.

Once again providing an enormous service, Shiller gives us a powerful means to convert our ordinary riches into a level of economic security, equity, and growth never before seen. And once again, what Robert Shiller says should be read and heeded by anyone with a stake in the economy.


Michéa : l’empire du moindre mal

Jean-Claude Michéa, L’Empire du moindre mal , « Climats », Flammarion.

L’ambition du libéralisme est d’instituer la moins mauvaise société possible, celle qui doit protéger l’humanité de sa folie idéologique. Pour ses partisans, c’est la volonté d’instituer le règne du Bien qui est à l’origine de tous les maux accablant le genre humain. C’est en ce sens que le libéralisme doit être compris, et se comprend lui-même, comme la politique du moindre mal. Il fait donc preuve d’un pessimisme profond quant à l’aptitude des hommes à édifier un monde décent. Cette critique de la " tyrannie du Bien " a un prix. N’exigeant rien de ses membres, cette société fonctionne d’autant mieux quand chaque individu se consacre à ses désirs particuliers sans céder à la tentation morale. Comment expliquer alors que cette doctrine, à mesure que son ombre s’étend sur la terre, reprenne, un à un, tous les traits de son plus vieil ennemi, le meilleur des mondes, jusqu’à se donner, à son tour, pour objectif final la création d’un homme nouveau ? Ce livre décrit ce processus, et son aboutissement, tant dans sa version économiste, centrée sur le Marché et traditionnellement privilégiée par la " Droite ", que dans sa version culturelle, centrée sur le Droit, et dont la défense est désormais la seule raison d’être de la " Gauche ". Il saisit admirablement la logique libérale dans le déploiement de son unité originelle tout en élaborant les fondements d’une société décente coïncidant avec la défense de l’humanité elle-même. D’une densité et d’une ambition exceptionnelles, il redonne toute sa place à la figure de l’homme révolté à un moment où beaucoup la souhaiteraient voir disparaître.

(Quatrième de couverture).


Olivier Bomsel, Gratuit ! Du déploiement de l’économie numérique, Folio, 2007.

Olivier Bomsel est ingénieur civil des Mines et professeur d’économie industrielle à l’Ecole des mines de Paris. Il dirige au Cerna, le laboratoire d’économie industrielle de l’Ecole des mines, les travaux de recherche sur l’économie numérique.

Jamais la gratuité n’a été aussi présente, vantée et disputée qu’à l’ère numérique. Ce phénomène historique et économique singulier est souvent identifié à la baisse continue des coûts de traitement et de transport de l’information. Or il consiste avant tout dans les " effets de réseau " : grâce à l’extension du champ du codage binaire, les innovations numériques (Internet, moteurs de recherche, téléphones mobiles, moyens de paiement électroniques, télévision, etc.) voient leur utilité croître avec le nombre d’utilisateurs. Il faut donc conquérir le plus rapidement possible, par des subventions habilement choisies et créatrices d’irréversibilités, une masse critique d’utilisateurs. Résultat ? Des transferts mais aussi des rentes, des conflits d’intérêts ; on ne propose plus du " moins cher " comme au temps du fordisme et de sa concurrence par les coûts, mais du gratuit, catalyseur de déploiement ; grâce à cela, des monopoles émergent, avec la domination de Microsoft, le succès de Google, le déploiement de la téléphonie mobile ou des réseaux peer-to-peer... Arme économique redoutable, le gratuit n’est plus une subversion collective, mais un outil privé au service des entreprises. Ses mécanismes sont plus subtils, plus violents, plus contestables que les promesses qui les entourent. Qui a intérêt à donner ? Comment les transferts s’opèrent-ils ? Dans quels buts, au bénéfice de qui, en quête de quels effets ? (4e de couv.).


Philippe Aigrain, Cause commune. L’information entre bien commun et propriété, Fayard, « Transversales », 2005.

Après avoir été chercheur scientifique puis acteur des politiques européennes, Philippe Aigrain est aujourd’hui l’un des animateurs du mouvement mondial pour les biens communs informationnels. Il dirige une société qui développe de nouvelles formes de débat public sur les orientations politiques.

L’information et ses technologies refaçonnent notre univers technique, social et éthique, mais ces bouleversements se font dans deux directions opposées selon que l’on choisit d’en encourager l’appropriation privée ou d’en faire des biens communs. D’un côté, l’extension des domaines couverts par les brevets (molécules pharmaceutiques, variétés végétales, séquences génétiques, logiciels) restreint, pour le profit de quelques multinationales, l’accès à des ressources essentielles telles que les médicaments, les semences et l’information. La concentration des médias - notamment audiovisuels - menace la démocratie là où elle existe.
De l’autre côté, la production et le partage de l’information et des créations sont plus libres qu’avant, et la multiplication des échanges esquisse une société mondiale, diverse et solidaire. Les médias coopératifs, les logiciels libres, les publications scientifiques ouvertes et les autres biens communs réinventent la démocratie. Comment les acteurs de ces nouveaux domaines peuvent-ils faire cause commune par-delà ce qui sépare les logiciels des ressources biologiques, ou l’art des sciences ? Comment l’information peut-elle servir les biens publics sociaux de la santé, de l’éducation ou de la solidarité au lieu de contribuer à les détruire ? Quelles alliances peut-on envisager entre les sociétés et les Etats, gardiens irremplaçables des biens communs épuisables que sont l’eau ou l’air ? Dans cet ouvrage, Philippe Aigrain analyse les causes et les origines d’une situation paradoxale et les tensions qu’elle suscite. Il propose une politique qui remette les êtres humains aux commandes de ces transformations.

L’argent dans la littérature


Des chiffres et des lettres

Goethe, Faust.
onclick="window.open(this.href,'test','toolbar=no,location=no,directories=no,status=no,menubar=no,scrollbars=yes,resizable=yes,width=540,height=600');return false;">Tout comme si j’avais vingt-quatre mains...

Shakespeare,
onclick="window.open(this.href,'test','toolbar=no,location=no,directories=no,status=no,menubar=no,scrollbars=yes,resizable=yes,width=540,height=600');return false;">La putain commune à l’humanité...
onclick="window.open(this.href,'test','toolbar=no,location=no,directories=no,status=no,menubar=no,scrollbars=yes,resizable=yes,width=540,height=600');return false;">O toi, doux régicide...

Balzac, La Maison Nuncigen.
Voir la notice

Balzac, Grandeur et décadence de César Birotteau, la "bêtise de la vertu".
Voir la notice.

Balzac, Code des gens honnêtes ou l’Art de ne pas être dupe des fripons


Blaise Cendrars, L’or, 1925. Ils ramassaient tous de l’or......

Dostoïevski, Le Joueur.

Gide, Les faux-monnayeurs

Péguy, L’Argent, 1913. Extraits....

Zola, L’Argent, 18e vol. des Rougon-Macquart. Voir aussi La Curée, où apparaît le « Saccard » de L’Argent.


Charles Ramuz, Farinet ou la fausse monnaie, en poche à l’Age d’Homme
(quand l’ « or communautaire » inspire plus de confiance que la monnaie d’État). Une chose qui ne vieillit pas, qui ne pourrit ni ne se gâte... Un or meilleur que celui du gouvernement...
Jules Romain, Knock : étude et conquête d’un marché.

Éric Reinhardt, Cendrillon, Stock, 2007 (roman). Voir notamment l’interview sur les hedge funds, p. 281 et suiv.

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