« Et si je me trompe, je sais que vous me corrigerez » (Jean-Paul II)

Accueil > Chroniques > Partis politiques : vrais et faux

Institutions

Partis politiques : vrais et faux

Paul Soriano, 2 février 2020

Modifié le : 11 juillet 2020

Il existe des partis de gauche et de droite, mais aussi de vrais et de faux partis.

Un « vrai parti » est fait pour durer, ils se qualifie en principe par une idée ou une « idéologie » : parti « socialiste », « conservateur », « libéral » ou même « national »… Il est vrai aussi en ce sens qu’il affiche clairement qu’il entend diviser (une « partition » de l’opinion) autant que rassembler (ses partisans).

Un « faux parti » est une construction de circonstances et/ou étroitement lié à une personnalité : « En marche », est un bon exemple, mais il s’inscrit en fait dans une longue tradition : c’était déjà le cas du RPF de de Gaulle et, au fond, de tous les « partis gaullistes », véritable oxymore, puisque le Général se veut « au-dessus des partis », justement.

Les faux partis sont en fait des « vrais-faux », en ce sens qu’ils fonctionnent en général comme des partis tout en niant leur caractère partisan par leur appellation même : Rassemblement, Union… D’où aussi de fréquents changements d’appellations, toujours de circonstance : UNR, UDR, RPR, UMP, etc… On les qualifiera donc plutôt de partis éphémères ou « de circonstance »… A noter que le « front » est une espèce d’entre-deux, en ce sens qu’il prétend rassembler mais suggère tout de même un… affrontement.

Avec le « mouvement », on franchit une étape dans l’abstraction et « En marche » est à cet égard un comble… du reste intenable, car il faut bien se poser, pour réfléchir par exemple, ou tout simplement pour que « ça s’arrête » !

En d’autres termes, les vrais-faux partis font de la politique tout en la refusant, puisque la politique est fondée sur la division, le conflit…

La monarchie résout à sa manière cette contradiction en mettant effectivement le « souverain » au-dessus des partis, mais en le soustrayant à la politique. …

Les partis éphémères seraient plutôt de droite, peut-être parce qu’à droite on attache moins d’importance aux idées… À gauche, même au comble du culte de la personnalité on répugne à appeler un parti « stalinien » : les partis léninistes (marxistes-léninistes) ou maoïstes se réfèrent à la pensée du leader plutôt qu’à sa personne ; la preuve c’est qu’ils persistent dans leur appellation après la mort de l’intéressé. Exception : la « ligue » plaît autant à gauche (la Ligue des droits de l’homme) qu’à droite : la Lega italienne, au départ « lombarde », puis « du Nord » et enfin Ligue tout court pour embrasser toute l’Italie.

Il faut tout de même nuancer la distinction : une fois installés au pouvoir, socialisme, conservatisme, libéralisme même, entendent bien tout faire pour le conserver… fustigeant les autres partis (s’il en reste) du terme de « faction » et ses partisans de « factieux… »

Le lecteur est invité à imaginer des noms de partis improbables : En panne, En arrière (un terme que les mouvements même les plus résolument réactionnaires ne sont pas près d’adopter…). Ou encore cet autre joli oxymore : « Parti institutionnel révolutionnaire » (la politique du PIR ?), à ceci près que ce parti existe, au Mexique. Comme existe aussi, en Europe, la Révolution conservatrice, à ne pas confondre avec l’anarcho-conservatisme (anarchism tory) cher à George Orwell.

Autre curiosité dans le genre facétieux : les partis politiques européens.