« Et si je me trompe, je sais que vous me corrigerez » (Jean-Paul II)

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Confessionnal

Paul Soriano, 21 août 2020

Modifié le : 10 septembre 2020

Examinons en urgence une espèce technique en voie de disparition, menacée par la pratique de la confession en ligne.

Le confessionnal est un isoloir destiné à accueillir le confesseur et le confessé, matériellement séparés et communiquant par l’intermédiaire d’un grillage monodirectionnel : le confessé peut voir le confesseur, de profil, mais pas l’inverse, ce qui autorise l’anonymat. Si la pratique de la confession remonte au XIIe siècle, l’usage du confessionnal se développe à partir du XVIe, lors de la Contre-Réforme : riposte à la désintermédiation protestante ? Mais ni Luther ni Calvin ne se prononcent formellement pour son abolition. Parmi les changements introduits par Vatican II, le confessionnal 2.0 autorise le face à face, ce qui conduit à modifier, significativement, la configuration du confessionnal. Cette réorientation, au sens propre comme au sens figuré, est assez troublante, dès lors que l’écran (et l’anonymat) sont préservés. Dans la tradition, le confesseur tend l’oreille, selon V2, il se place en face mais qu’est-ce qu’un face à face sans échange de regard ? Quoi qu’il en soit, le confessionnal, même traditionnel, est souvent équipé, à l’extérieur, de deux voyants lumineux qui signalent l’occupation (rouge) ou la disponibilité (vert) du confesseur, et cela à distance, pour ménager la discrétion.


Références

Logo : confessionnal à Thann (photo par Rama — Travail personnel, CC BY-SA 2.0 fr, lien)