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Hommachine

Bilan et diagnostic…

Cinq siècles de progrès ?

Paul Soriano, 1er juillet 2021

Modifié le : 9 juillet 2021

Le discours de Darwin appelle un bilan de l’ « aventure humaine », dont l’homme occidental, qui s’est octroyé le premier rôle (discours de Hegel) a du reste fixé les critères d’évaluation.

Si l’on convient que l’Occident s’est emparé du monde depuis les « Grandes découvertes », quel bilan donc, après cinq siècles de « progrès », trois siècles d’ « émancipation » depuis les Lumières, tendus vers un monde meilleur – a better world to live in comme le ressassent encore ad nauseam nos amis américains dans leurs séries, sur Netflix et ailleurs ?

Progrès de la science, de la technique et de l’industrie, assurément : comparées à la vague de fond de la révolution industrielle, les révolutions française, américaine et russe n’agitent que la surface…

L’actif est spectaculaire : espérance de vie en bonne santé, niveau de vie et commodités de toutes sortes, en dépit des inégalités qui persistent… Mais au passif, en nombre de victimes, individus, peuples, cultures, espèces (pourquoi serait-ce mal de détruire la biodiversité et bien de réduire l’anthropodiversité des cultures ?), le bilan est accablant, sans compter ces existences désespérantes qui gâchent un peu l’espérance de vie. Nos écologistes radicaux et autres éveillés décoloniaux sont sans doute un peu bizarres, mais il faut reconnaître qu’on leur a donné du grain à moudre… Les Occidentaux (les « Blancs ») ne sont peut-être pas plus mauvais que les autres, mais ils se sont donné les moyens de l’être à grande échelle, et tout aussi fanatiquement que les vieux croyants les plus endurcis.

Mais pourquoi cette planète dévastée ressemble-t-elle si souvent à une Nef des fous peuplée de zombies vindicatifs ? On connaît les diagnostics : pas assez d’émancipation (lorsque l’état du malade empire on ne change pas de médecine, on prescrit double dose) ; le passé qui ne passe pas, les « retours du refoulé » névrotiques, à commencer par les fièvres identitaires virulentes ; et cette Nature enfin, dont le prétendu maître et possesseur imprévoyant à épuisé les ressources…

Et si le principal responsable et coupable n’était rien d’autre que l’humain lui-même, le seul être dont « on » ne s’est pas encore émancipé ? Si bien (ou si mal) qu’on envisage sérieusement un avenir « post-humain », aux bons soins d’une créature encore plus intelligente sinon « meilleure » que son créateur, toujours insatisfait, ce mécontent structurel gagné par la lassitude, aurait bouclé son parcours…